Festival Banlieues Bleues (jazz-funk-soul)


New Orleans is now!

New Orleans, ça évoque le berceau de la musique ricaine... ça bouge, ça jazze, ça dépote (Mon dieu le funk new-orleans!!). C'est aussi le thème de Banlieues Bleues, peut-être un des meilleurs festival de jazz et musiques noires au sens large. Le programme complet est ici, et il est encore temps d'aller voir de l'autre côté du périph!


Petite sélection:

Mercredi 1/04, tzigane: Ljiljana Buttler + Taraf de Bucharest, La courneuve

Vendredi 3/04, soul/folk/jazz: Melissa Laveaux + Meshell Ndegeocello, Aubervilliers

Samedi 4/04, Afro-jazz: Congopunq + Archie Shepp, Hamid Drake & leurs amis, Villepinte

Jeudi 9/04, soul/jazz: Jose James + Terence Blanchard, Epinay/Seine

Vendredi 10/4, funk new-orleans!!! Wild Magnolias + Congo nation afro-NewOrleans group + Donald Harrison, Bobigny


La découverte à ne pas manquer: Melissa Laveaux , qui nous touche au coeur avec sa voix rauque et une soul acoustique dépouillée mais entrainante.

Mon coup de coeur, un chanteur soul-jazz comme on en attendait depuis bien longtemps: Jose James .

General Electricks (concert coup de coeur de la semaine)

Si vous aimez la funk, la soul bref tout ce qui groove sans forcément aller fouiller dans les années 70 ni dans le rnb mielleux, vous pouvez commencer par "Take back the instant" (allez faire un tour sur son myspace) ou "Little lady" issus de son 2e album, Good city for dreamers. Je vous conseille aussi "Facing that void" et "Tu m'intrigues" sur son 1er album (Cliquety Clicks sur deezer).

Hervé Salters, aka General Electriks est un so(u)rcier des claviers funky et vintage: il faut le voir danser furieusement derrière son clavinet, ses rhodes... irrésistible!! D'ailleurs en live, il est énAURme, avec son groupe ou seul avec ses claviers et son PC (non c'est pas tristoune, vous ne resisterez pas à son jeu de jambes, qu'on peut voir dans le clip de "Take back the instant").

Les meilleurs DJS et rappeurs de la côte ouest des Etats-Unis ne s'y sont pas trompés: il a rejoint le crew quannum (anciennement solesides) pour rejoindre -excusez du peu- DJ Shadow et Blackalicious (ou Mighty Underdogs avec qui il a joué le mois dernier au New morning... dantesque! Je leur consacrerai bientôt un post, d'ailleurs...).

Mais sa musique n'est pas qu'un arrière plan pour du hiphop, puisque je l'ai vu en 2004... à Jazz sous les pommiers! Alors laissez vous emporter dans son univers musical funky, foisonnant et enjoué, comme l'hilarante "introduction" de son 1er album nous y invitait:
"Il était une fois une ligne de basse bien ronde... en chemin elle rencontre une grosse méchante boucle..." Alors, allez bouger votre popotin sur du très bon groove!

Concerts gratos le midi (La Défense)

Bande de petits veinards! Oui, vous! Vous qui bossez à la Défense, vous trouviez cet environnement froid, triste, j'en passe et des meilleures... Eh bien vous pouvez aller déguster un petit concert sur le pouce! C'est le festival Chorus Hauts-de-Seine, la référence niveau chanson française (et plus) qui vous offre ça, au Magic Mirror. Alors au programme, entre autres:

Mardi 17, rock: Tahiti 80. Vendredi 20, rap-soul: Beat assaillant. Lundi 23, chanson drole (ou pas): La chanson du dimanche. Mardi 24, pop-folk: Peter Von Poehl et Syd Matters. Mercredi 25, jazz-rock: Bumcello.

Pour une fois que je regrette de pas bosser à La Defense... Profitez bien!

Le film du mois : Linhas de Passe (Une famille brésilienne) de Walter Salles & Daniela Thomas


Sao Paulo. 20 millions d'habitants, 200 kms d'embouteillage, 300 000 coursiers. Au coeur de cette ville en transe, quatre frères essaient de se réinventer de manières différentes. Reginaldo, le plus jeune, cherche obstinément son père ; Dario rêve d'une carrière de footballeur, mais l'âge, 18 ans, le rattrape; Dinho se réfugie dans la religion tandis que l'aîné, Denis, déjà père d'un enfant, gagne difficilement sa vie. Leur mère, Cleusa, femme de ménage qui élève seule ses quatre enfants nés de pères différents, est à nouveau enceinte. A l'image d'un Brésil en état d'urgence et en crise identitaire, tous cherchent une issue.

Un cinéaste en quête de ses racines
Après avoir passé une partie de son enfance à Paris, où il apprend la langue française et découvre le cinéma à travers les films de la Nouvelle Vague, Walter Salles rentre au Brésil, un pays qu’il ne connaît pas. Sa passion pour la photo l’amène progressivement vers la caméra. Muni de celle-ci et d’une curiosité insatiable pour ses racines, il va sillonner le pays et en imprimer sur pellicule les moindres facettes, à l’instar de son frère, éminent documentariste. Il se forge ainsi une connaissance extrêmement pointue du Brésil et de ses populations, qu’il mettra à profit lors de son passage à la fiction. La quasi-totalité de ses films gardera par ailleurs cette dimension documentaire qui lui est chère. Ce Linhas de Passe ne déroge pas à la règle et nous montre à quel point Salles comprend les nombreuses subtilités de son pays.

« Où en est la jeunesse brésilienne ? »
Linhas de Passe nous montre une jeunesse brésilienne livée à elle-même. L’Etat comme la Police sont totalement et littéralement absents du film. On ne sent pas une appartenance globale à une nation, mais à une multitude de nations dans la nation, plus palpables, plus accueillantes. La « nation des Corinthians », nom que l’on donne aux supporters du club de Sao Paulo, est le refuge de Cleusa, qui porte à bout de bras ses quatre garçons. Quatre garçons qui tentent, chacun à leur manière, de trouver un sens à leur existence. La religion, le futebol - que Salles filme comme personne, la famille et la recherche du père, voilà ce qui anime cette fratrie. « Je suis votre mère et votre père » leur crie-t-elle dans un aveu symptomatique de la situation du Brésil actuel.

Montrer un autre Brésil.
De nombreux films brésiliens actuels montrent un Brésil gangréné par la violence et la drogue. On sent ici une volonté de rééquilibrer la balance. Certes, la violence couve, mais elle est le fait d’un abandon, et la plupart essaient de s’en écarter, même si elle les rattrape parfois. En cela, Linhas de Passe peut être vue comme l’antithèse de Tropa de Elite (2007), western urbain - Ours d’or à Berlin - mettant en scène la guerre entre police et gangs. A la réalisation clinquante et distanciée de l’un s’oppose la vision au plus près de la matière humaine de l’autre. On sent chez Walter Salles et Daniela Thomas l’envie d’empêcher l’imaginaire collectif de sombrer dans une vision caricaturale du Brésil, apocalyptique et déshumanisée.

« Anda…anda…anda… »
Ainsi, le film nous montre une jeunesse courageuse, qui, malgré les désillusions fréquentes qui rythment son évolution, tente de rebondir avec les faibles moyens mis à sa disposition. Selon Walter Salles, le Brésil est « un pays aux nombreux talents mais qui ne sait pas les faire monter à la surface ». Le réalisateur aime profondément le Brésil et sa jeunesse. Il ne juge pas, mais regarde ses protagonistes grandir avec une affection sans failles, qui transparaît dans chaque plan du film. La musique, perpétuel enchevêtrement entre sonorités de la ville et composition originale, renforce ce sentiment d’intimité.

Walter Salles est un grand cinéaste. Chaque année, il produit deux premières œuvres brésiliennes ainsi qu’un film d’un « Grand », comme il le dit lui-même, afin de maintenir l’équilibre entre le cinéma établi et la nouvelle vague de réalisateurs prêts à réinventer le langage cinématographique. C’est par l’entretien de cet équilibre qu’il entend apporter sa pierre au développement du cinéma brésilien, tenu au silence pendant des années par la censure du régime militaire.

Si seulement tous étaient comme lui…

Geff

Agenda musique - mars

Comme j'en avais marre d'accumuler les concerts complets, je me dis qu'il faudrait s'y prendre un peu plus à l'avance (pas con, le gars?). Alors ce mois-ci on change la formule de l'agenda avec les concerts du mois, qui seront repris chaque semaine dans l'agenda dans la barre à droite, mais aussi quelques previews: les concerts à ne pas manquer dans les prochain mois. Et bien sûr les concerts de la semaine continueront à vous faire découvrir un artiste chaque semaine.

Semaine du 11 au 17:
Mercredi 11, pop-folk: Hugh Coltman (Alhambra). Jeudi 12, chanson française (mais bien): Mathieu Boogaerts (Alhambra). Vendredi 13, electro: Miss kittin (Bataclan). Samedi 14, re-chanson française (ce sont les seuls bien, alors...): Arthur H (Magic mirror). Dimanche 15, encore une tranche de chanson française (c'est le festi Chorus 92, j'en parlerai dans un prochain post) plus dejantée cette fois: Juliette (Magic mirror). Lundi 16, pop-folk: Vic Chesnutt (Cafe de la danse).
Coup de coeur de la semaine: General Electricks (Maroquinerie, mardi 17): soul-funk (voir post dédié ici)

Semaine du 18 au 24:
Mercredi 18, electro: Kid loco (Maroquinerie). Jeudi 19, funk-rock bresilien: Lenine (Olympia). Vendredi 20, feu d'artifice electro: Garnier, De Crecy & Sporto Kantes (Magic Mirror). Samedi 21, folk cap-vert: Tcheka. Dimanche 22, klezmer madness: Krakauer & So called (Pleyel). Lundi 23, jazz: Paolo Fresu (Sunset). Mardi 24, pop indé: Peter Bjorn & John (Nouveau Casino).
Coup de coeur de la semaine: Lenine (Olympia, Jeudi 19): Un brésilien loin des clichés de la musique de son pays, entre rock, funk et musique traditionelles (post à venir...). 3 albums magnifiques, des productions qu'on ne compte plus, il était l'artiste invité de la cité de la musique pour l'année du Brésil... à ne pas manquer!
J'irai bien voir Krakauer & So called (Pleyel, Dimanche 22, klezmer moderne), ça vous dit? (post à venir)

Semaine du 25 au 31:
Vendredi 27, jazz-soul: Eric Legnini (Cigale). Samedi 28, world: Lo'jo (Bataclan). Lundi 30, soul-folk, Melissa Laveaux et ses amis (Theatre de l'atelier). Mardi 31, rap-metal: Dalek (Nouveau Casino).
Coup de coeur de la semaine: David Byrne (Olympia, mercredi 25): pape de l'électro aux cotés de Brian Eno, patron d'un des tous meilleurs labels de world, de la musique à la croisée des chemins pour se nettoyer les oreilles (post à venir...)

Il faudrait pas oublier de prendre ses places pour...
Truffaz et ses 2 concerts à thèmes (reggae avec Sly Johnson et le projet Inde-Mexico-Paris), Matthew Herbert, Salif Keita, Guru & Jazzmatazz, Bonnie Prince Billy, Andrew Bird...

A bientôt, quelque part?

Salut à tous,

Pour ceux qui n'ont encore rien prévu ce soir,

Foncez à l'avant-première de Une famille brésilienne de Walter Salles, à 20h30 au Balzac.

La séance sera suivie d'un débat en présence du réalisateur.
Pour info, Walter Salles est notamment le réalisateur de Central do Brasil (1998 – Ours d’or à Berlin), de Carnets de Voyages (2004)
Ce sera aussi l’occasion de (re)découvrir Le Balzac, une salle mythique qui a ouvert ses portes en 1935.

Pour réserver une place, il faut appeler le numéro suivant:
01 45 61 10 60

Je préviens au dernier moment certes, mais je préviens!

Le Balzac
1, rue Balzac
75008 Paris
Metro Etoile ou George 5
A ce soir! et à très vite pour d'autres news cinéma!

Geff
PS: Les cartes UGC et Pathé sont acceptées

Film de la semaine (en retard de quelques semaines) - The Wrestler

Oui tout le monde a déjà parlé commenté (voire vu) ce film, et pourtant je vais vous parler de The Wrestler.

Réalisé par Darren Aronofsky, un cinéaste qui m'a perdu avec Pi (un film sur un mathématicien qui est sur le point de résoudre le mystère ... du monde), puis récupéré avec le fameux Requiem for a dream avant de me reperdre avec un bien décevant The Fountain.

Je m'y rends donc avec circonspection. En plus, le catch me laisse vraiment indifférent. Et pourtant.....

Entre espoir et déprime.

Un des grands talents d'Aronofsky est de nous faire croire que tout est possible que la rédemption et proche, que tout les espoirs sont permis. Le portrait de ce vieil homme glauque et solitaire n'y incitent pourtant pas. Mickey Rourke se fait touchant puis pitoyable. De l'un à l'autre sans cesse. Pas (trop) de clichés pour un portrait contrasté et finalement crédible de ce vieil homme.

Une fin étonnante, qui me valut une discussion un peu surréaliste... s'agit il d'une ode à la liberté et au bonheur, d'une résignation, ou d'une incapacité dans les rapports à autrui?

J'avoue être ressorti pessimiste et déprimé. l'un de mes amis c'est tout l'inverse. Ça me rend perplexe.

Bref un film qui ne vous laissera pas indifférent.

Un léger bémol, je suis certes un peu chochotte, mais le catch avec du barbelé et les agrafeuses (non pas celle de votre bureau, celle ) c'est un peu gore pour moi, j'ai failli vomir sur ma sympathique voisine. Le découpe jambon aussi c'est un trop pour moi... j'en frissonne d'y repenser.

Mention à Marisa Tomei, que je ne connaissais que dans un mélo de science fiction. (si, si avec Mel Gibson) et qui se révèle convaincante dans un rôle triste à pleurer.

Une autre mention Bien pour la BO. Non pas que les morceaux soit inoubliables (le Springsteen, qui, tout magique que soit le Boss, n'est pas un morceau d'anthologie) mais souligne bien à chaque scène (notamment ce petit revival bien plaisant ou honteux c'est selon les points de vue)

A voir donc, mais un soir ou vous êtes de bonne humeur.

Concert de la semaine: Spleen (mardi 3 mars, Alhambra)

Ecouter
Pour un avant goût, aller voir "Tu l'aimeras", "Yaoundé" et "My Lie.F" sur son MySpace, extraits de son 2e album Comme un enfant. Mais aussi "Mrs Jane" et "Lost", de son 1er album "She was a girl" sur deezer.
Un enfant dans la force de l'âge
Comme vu avez pu le voir aux styles auxquels j'ai relié Spleen, il est difficile de lui coller une étiquette. J'aurais pu aussi utiliser les mots blues, soul ou éléctro comme il l'avoue lui-même dans son 1er album: "Je me sens fils de Nick Drake, de Stevie (Wonder s'entend) et de Tom Waits."
Révéle par le concours des inrocks en 2005, son 1er album est une vrai claque, un peu de fraicheur dans le paysage français, beaucoup d'énergie brute et une poésie enfantine touchante. On y croise au passage le crew black & white skins avec Coco rosie, Antony & the johnsons, Devendra banhart et plus récemment Yael Naim (allez voir la vidéo de leur reprise de Toxic de Britney).
Le bouillonement se canalise un peu (il a 25 ans, le salaud...), son 2ème album est plus accessible avec des mélodies qui ont l'air de bonbons biens sucrés mais ont finalement un petit goût amer.
Finalement il mérite bien les comparaisons: Tom pour la voix et le blues (meme s'il fait parfois lui-même ses choeurs, mais plutôt façon Britney) , Stevie pour la musique pop(ulaire, au sens propre) et Nick pour les fêlures et l'amertume.
Cocktail servi par un artiste polymorphe demain soir à l'Alhambra...